Storware veut sauvegarder toutes les virtualisations post-VMware

La solution Backup & Recovery de l’éditeur polonais est compatible avec tous les hyperviseurs et elle revendique même d’être spécialement adaptée pour continuer de protéger des VM VMware sur une autre plateforme à demeure, ou en cloud privé OpenStack.

Migrer depuis VMware, mais sans perdre les fonctions de sauvegarde au passage. Storware, un éditeur polonais qui se spécialise depuis 2013 dans les copies de secours pour toutes les plateformes de virtualisation autres que VMware, entend profiter de la refonte actuelle du marché des hyperviseurs pour glisser sa solution, finalement assez peu connue du public, dans les déménagements des machines virtuelles vers Nutanix et consorts.

LeMagIT a rencontrĂ© l’éditeur dans le cadre d’un Ă©vĂ©nement IT Press Tour consacrĂ© aux acteurs europĂ©ens du stockage qui montent. Storware s’y est rendu pour prĂ©senter la dernière version 7.5 de sa solution Storware Backup & Recovery.

« Nous sauvegardons l’essentiel des environnements KVM et Xen depuis 2015. Plus spĂ©cifiquement tous les systèmes de Red Hat (OpenShift, Red Hat Virtualization, OpenStack, Ceph...) depuis 2017. Nutanix depuis 2018. Oracle OLVM depuis 2019. Nous avons Ă©tĂ© les premiers que VergeIO a appelĂ©s en 2025 pour sauvegarder leurs machines virtuelles. Bien sĂ»r, nous prenons en charge aussi Proxmox, oVirt et Scale Computing… Â» Ă©numère PaweĹ‚ MÄ…czka, le PDG de l’éditeur (en photo en haut de cet article). La version 7.5 ajoute la compatibilitĂ© avec Platform9, une solution de virtualisation amĂ©ricaine, basĂ©e sur OpenStack.

Parmi les fonctions clés, il y a la possibilité de sauvegarder les VM au format d’une marque pour les restaurer au format d’une autre.

« Notre produit Storware Backup & Recovery est notamment utilisĂ© pour migrer de VMware vers Nutanix, mais aussi de VMware vers OpenStack, la solution de virtualisation qui reste massivement utilisĂ©e par les hĂ©bergeurs de clouds privĂ©s en Europe Â», dit-il.

Le mot est lâchĂ© : Storware joue sur le penchant actuel des entreprises europĂ©ennes Ă  redĂ©ployer leur IT sur des infrastructures souveraines, loin des contraintes propres aux solutions amĂ©ricaines.

Un point saillant de l’offre est d’ailleurs qu’elle n’est pas commercialisĂ©e par abonnement : les clients achètent une licence perpĂ©tuelle (calculĂ©e au nombre de VM ou Ă  la capacitĂ© qu’il faut sauvegarder). C’était l’usage en Europe, avant que les hyperscalers amĂ©ricains ne contaminent tous les Ă©diteurs de logiciels et les fabricants de matĂ©riels avec leurs offres par souscription mensuelle.

Une intégration avec de nombreuses infrastructures

Techniquement, Storware Backup & Recovery est une machine virtuelle Ubuntu qui s’efforce de sauvegarder le plus possible des clusters en communiquant avec leurs API, c’est-à-dire sans imposer aux clients d’installer des agents dessus.

La solution prend à la source aussi bien les données d’un cluster de VM, que celles d’un cluster de containers, mais aussi les VM installées par-dessus des containers (dans le cas de KubeVirt chez Red Hat, SUSE, voire Platform9), et puis le contenu même de ces instances (containers, VM), ou encore les volumes de stockage qui y sont rattachés. Un agent n’est requis que lorsque l’on souhaite sauvegarder l’environnement contenu dans une VM. Storware propose des agents pour Windows, Linux et macOS.

Symbole de cette intégration, Storware se revendique l’un des meilleurs spécialistes d’OpenStack. L’éditeur supporterait ses fonctions les plus pointues.

Sa solution prend par exemple en charge la numérotation dynamique des blocs de la couche de stockage OpenStack Cinder pour faire des sauvegardes des périphériques de stockage qui sont à la fois incrémentales et qui fonctionnent au plus bas niveau. C’est-à-dire sauvegarder par exemple en mode bloc la baie de disques d’un cluster de serveurs en sachant transférer uniquement les nouvelles données, alors qu’en production même les anciennes données sont susceptibles d’avoir changé de numéro de bloc sur ce type d’infrastructure.

Toute autre solution sauvegarderait chaque fois l’ensemble des blocs, pĂ©nalisant par lĂ  mĂŞme les temps de sauvegarde et le coĂ»t de leur stockage. PrĂ©cisons toutefois que les donnĂ©es qui changent de numĂ©ro de bloc et l’exploitation de ce phĂ©nomène via Cinder n’existent vĂ©ritablement que lorsque le système de stockage sous-jacent est Ceph. Mais Ceph est justement la solution que les hĂ©bergeurs de cloud privĂ©s privilĂ©gient.  

L’enjeu de voler de ses propres ailes

MalgrĂ© la discrĂ©tion de sa marque, Storware revendique plus de 4000 clients dans 150 pays. Sa solution a jusqu’ici Ă©tĂ© essentiellement vendue packagĂ©e avec les appliances de sauvegarde d’IBM et Dell. L’éditeur espère Ă  prĂ©sent mieux voler de ses propres ailes, Ă  la faveur des dĂ©sirs de souverainetĂ© en Europe et de l’abandon de VMware, dont l’augmentation des tarifs impacte 300 000 clients.

Outre la compatibilitĂ© avec Platform9, la dernière version 7.5 apporte la possibilitĂ© d’adapter Ă  la volĂ©e les machines virtuelles des hyperviseurs Citrix et XCP-ng (tous deux basĂ©s sur Xen) au format d’OpenStack. Une possibilitĂ© de migration, sans passer par les Ă©tapes de sauvegarde/restauration, qui n’existait jusque-lĂ  que pour les VM au format VMware.

Dans un proche avenir, Storware compte implémenter une possibilité de continuité d’activité, toujours pour OpenStack. Il s’agira en l’occurrence de synchroniser quasiment en temps réel les contenus des deux clusters OpenStack. En cas d’incident sur un site, il deviendra ainsi possible de récupérer sur l’autre des données vieilles de seulement quelques secondes. Pour l’instant, les délais de réplication font que ces données de secours datent toujours d’au moins plusieurs heures.

Storware plancherait également sur une nouvelle génération d’appliances matérielles qui intégrerait davantage de puissance de calcul. Le but serait de prendre en charge, justement, le routage immédiat des données sauvegardées vers un site de secours, et de convertir plus rapidement les formats de machines virtuelles.

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